Postdoc Artwork databases Managing artwork in museum institutions in the digital era

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Artwork databases
Type Job
Categoryies (tags) Postdoc
Dates 2017/10 - 2018/10/01
Link https://orange.jobs/jobs/offer.do?joid=63475
Address Orange Labs, 40-48, avenue de la République 92320 CHATILLON
Geolocation 48° 48' 4.0554", 2° 17' 39.1517"
Abstract due
Submission deadline 2017/09/12
Final version due
Notification date
Tweet Postdoc Artwork databases: Managing artwork in museum institutions in the digital era, #OrangeLabs, Paris,DL:12sept
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Postdoc Artwork databases Managing artwork in museum institutions in the digital era:


Details:

[[AnnText:: « Les bases de données d’œuvres d’art : gérer les œuvres dans l’institution muséale à l’ère du numérique »

Recrutement d’un.e post-doctorant.e au département des Sciences Sociales (SENSE) à Orange Labs

Contrat 12 mois à temps plein


Contexte et objectifs

Depuis quelques années, les bases de données donnant accès en ligne à des reproductions d’œuvres d’art se multiplient. Récemment, c’est le Metropolitan Museum de New York qui a mis en ligne plus de 350 000 œuvres de ses collections en libre accès. Depuis 2010, l’Institut culturel de Google travaille en partenariat avec un vaste réseau d’institutions à travers le monde pour numériser des œuvres et permettre une exploration virtuelle des collections. L’agence Videomuseum, située à Paris, gère quant à elle les bases publiques (pour la consultation) et privées (pour la gestion) de 60 collections d’institutions publiques. Les musées développent de nouveaux outils pour gérer et mettre en valeur leurs collections, à l’appui de ces nouvelles technologies : c’est le cas, par exemple, du Centre Pompidou virtuel, actuellement en pleine refonte, conçu comme une base de données collaborative à laquelle les visiteurs peuvent contribuer pour enrichir la description des œuvres.

Ces différents projets rendent compte de l’importance prise, dans le domaine artistique et culturel, par le numérique et des enjeux qu'il soulève concernant les transformations du patrimoine, de ses institutions, ses professionnels et ses publics. Plus spécifiquement, ils invitent à prêter attention à d’autres aspects de la relation entre art et numérique : jusqu’à présent en effet, cette relation a été principalement examinée sous l’angle de la création et des pratiques artistiques, avec des études portant sur l’art nativement numérique, ou net art ; ou encore sous l’angle de la réception et des transformations des pratiques culturelles des publics à l’ère du numérique. Mais la question des pratiques concrètes de la gestion des œuvres, de leurs reproductions et des informations qui leur sont liées, à travers la création et l’administration de bases de données d’œuvres d’art, a encore peu fait l’objet d’étude. Or, à l’instar de nombreux autres univers professionnels, le tournant numérique pris dans les institutions artistiques et culturelles n’est pas sans conséquence sur l’organisation du travail de la conservation et ouvre à une réflexion sur le statut même des œuvres dans l’institution.


L’objectif de ce post-doctorat est de comprendre les enjeux de l'introduction des technologies numériques pour le travail des professionnels dans les institutions patrimoniales et par là, les processus d'émergence d'un patrimoine numérique permettant de repenser le caractère public et collectif des œuvres dans l’institution. Comment les œuvres sont-elles numérisées et avec quelles finalités ? Que numérise-t-on exactement : l’œuvre, des détails de l’œuvre, et/ou les différents dossiers, majoritairement encore imprimés (dossier documentaire, informations sur les procédures d’acquisition, dossier de restauration, historique de l’œuvre…), qui l’accompagnent ? Comment les œuvres sont-elles indexées et comment la numérisation est-elle susceptible de transformer l’infrastructure de la gestion des œuvres au sein de l’institution ? Quelles sont les politiques en matière de diffusion des informations sur les œuvres et comment s’opèrent la sélection, la hiérarchisation et la publication de ces informations ? Pour apporter des réponses à ces questions, ce projet de recherche postdoctorale articulera deux plans d’analyse à travers deux volets complémentaires d’enquête :

1) Analyse des activités de numérisation et de gestion des œuvres

L’objectif de ce volet est de documenter les pratiques concrètes et les conditions dans lesquelles est effectuée la numérisation des œuvres dans les institutions culturelles. Il consistera à conduire des études empiriques vidéo-ethnographiques qui combineront de l’observation vidéo d’interactions et des techniques d’enquête classiques de type observation et entretien. Par ce biais, on s’intéressera aussi à l’administration des bases de données, à travers une étude des activités des professionnels en charge du versement, de la révision et de la maintenance des sites. Des enquêtes pourront ainsi être effectuées auprès de différentes institutions (musée public, institut, fondation privée, agence…) à des fins comparatives. Cette perspective, centrée sur l’analyse des activités, permettra d’examiner la transformation des formes du travail dans l’institution et la redistribution des rôles entre les différentes catégories professionnelles concernées (conservateurs, documentalistes, administrateurs de la base, prestataires externes…).

2) Analyse des bases de données : circulation et usages des informations

Avec ce second volet, il s’agira d’aborder la question des usages de ces bases de données et des ressources techniques ainsi offertes (possibilité de zoomer et d’accéder à des détails jusque-là invisibles des œuvres, comparaison d’images, approches quantitatives, interopérabilité entre différentes bases de données et croisement d’informations…). Pour cela, on pourra s’appuyer, sur un plan méthodologique, sur des observations et des entretiens réalisés avec des usagers (professionnels et public extérieur à l’institution). On pourra aussi mettre à profit les apports de différentes traditions et méthodes de recherche qui travaillent actuellement sur la question du traitement de grands corpus d’images, en s’inspirant des travaux récents ou en cours dans le domaine de la sémiotique visuelle et de la digital art history : une étude qualitative d’une base de données, ancrée dans une description détaillée de l’architecture du site et de ses fonctionnalités, pourra ainsi être menée. Ce volet permettra ainsi de prendre la mesure de la transformation du rapport aux œuvres induit par leur numérisation.

Méthodes : enquête ethnographique, observations, vidéo-ethnographie, analyse des activités et des interactions, enquête qualitative par entretiens, analyse de bases de données

Apports pour Orange

Pour Orange ce projet devrait produire des connaissances sur la création et les usages d’un type particulier de bases de données, constituées notamment d’œuvres d’art. Plus largement, il contribuera à la compréhension des transformations de la société numérique dans le domaine spécifique de l’art : transformations du statut des œuvres d’art et de leurs publics, ainsi que du travail des professionnels, des institutions muséales et des outils et services mis en œuvre dans leurs activités.

Planning de travail

Le post doc se déroulera sur une année et se découpera en trois phases :

  1. État de l’art sur la gestion des bases de données. Cet objet de recherche n’est en effet pas nouveau en sciences sociales, même s’il n’a pas encore été abordé dans le cas particulier des œuvres d’art et de leur gestion : il s’agira donc de faire un état des travaux réalisés et de prendre appui sur cette littérature pour en tirer des enseignements (d’ordre théorique, méthodologique ou empirique) qui seront utiles à la réalisation des phases ultérieures.
  2. Etudes vidéo-ethnographiques des activités de création, gestion et maintenance des bases de données. Les tâches qui devront être réalisées dans cette phase sont : la recherche de terrains, l’élaboration de la méthode d’enquête en termes de recueil de données, le recueil puis l’analyse des données.
  3. Rédaction d’un rapport final

Profil du poste

Titre exigé : Doctorat en Sciences Humaines et Sociales (Sociologie, Anthropologie)

Compétences souhaitées

  • spécialisation en Sociologie/anthropologie des sciences et des techniques et/ou Sociologie de l'art et de la culture et/ou Sociologie du travail
  • Sociologie praxéologique, Sociologie pragmatique, Ethnométhodologie
  • maîtrise des approches qualitatives (entretiens) et observationnelles (vidéo-ethnographie des activités et des interactions, observation ethnographique, immersion)

Compétences complémentaires

  • capacités d'analyse, de rédaction et de synthèse
  • travail en autonomie et en collectif
  • lecture et écriture de l'anglais académique

Le Département SENSE (Sociology and Economics of Networks and Services)

Au sein d’Orange Labs, la division de la recherche d’Orange, le département SENSE réunit une équipe de chercheurs en Sciences Humaines et Sociales (sociologie, économie, ethnologie et ergonomie) travaillant sur les liens entre technologies et société au sein des pratiques quotidiennes, des organisations et des marchés.

Attachement et localisation

Département SENSE – Sociology and Economics of Networks and Services Orange Labs, 40-48, avenue de la République 92320 CHATILLON

Encadrement du post-doc : Julia Velkovska

Le dossier de candidature

  • un CV analytique ;
  • une lettre de motivation ;
  • la thèse et le rapport de soutenance ;
  • entre une et trois publications.

Modalités de candidature

  1. Envoi du dossier par mail à julia.velkovska@orange.com
  2. Enregistrement en parallèle de la candidature en ligne (uniquement CV et lettre de motivation) sur le site Orange.Jobs (https://orange.jobs/jobs/offer.do?joid=63475&lang=FR), offre initulée « Les bases de données d'oeuvres d'art : gérer les oeuvres dans l'institution muséale à l'ère du numérique ».

Date limite d’envoi des dossiers : 12 septembre 2017

Après sélection sur dossier, les candidats retenus seront reçus pour un entretien.

Date prévisionnelle de début du post-doc : entre octobre et décembre 2017

Rémunération : entre 35 000 et 40 000 euros brut/an

Bibliographie

Beltrame Tiziana, 2012, « Un travail de Pénélope au musée. Décomposer et recomposer une base de données », Revue d’Anthropologie des Connaissances, vol. 6, n° 1, 217-237.

Denis Jérôme & Pontille David, 2012, « Travailleurs de l’écrit, matières de l’information », Revue d’Anthropologie des Connaissances, vol. 6, n° 1, 1-20.

Donnat Olivier, 2009, Les Pratiques culturelles des Français à l'ère numérique, Enquête 2008, Paris, Ministère de la culture et de la communication / La Découverte.

Flichy Patrice & Parasie Sylvain dir., 2013, Sociologie des bases de données, Réseaux, n° 178-179.

Fourmentraux Jean-Paul, 2005, Art et Internet. Les nouvelles figures de la création, Paris, CNRS Editions.]

Manovich Lev, 2015, « Data Science and Digital Art History », International Journal for Digital Art History, n° 1, 13-35.

Parry Ross, 2007, Recoding the Museum. Digital Heritage and the Technologies of Change, Londres / New York, Routledge.

Rizza Maryse, 2013, « La numérisation du dossier d’œuvre : enjeux organisationnels pour les musées », Culture & Musées, n° 22, 25-45.

Wharton Glen, 2015, « Public Access in the Age of Documented Art », Revista de História da Arte, Lisbonne, Universidade Nova de Lisboa, p. 173-184.]]